Alors que le monde se tourne vers la COP30 à Belém, une nouvelle analyse de l’UITP révèle un changement majeur : le transport en commun prend enfin une place centrale dans les stratégies nationales en matière de climat. Mais si la reconnaissance de son rôle dans la réduction des émissions croît rapidement, les fonds et les plans à long terme nécessaires pour concrétiser cette ambition sont encore en retard.

Les Contributions déterminées au niveau national (NDCs) – les plans définis par les pays eux-mêmes et de plus en plus ambitieux, mis à jour tous les cinq ans, pour réduire les émissions dans le cadre de l’Accord de Paris – évoluent.

L’examen par l’UITP de 67 NDCs mis à jour révèle que les trois quarts d’entre eux comportent désormais des mesures en faveur du transport en commun, contre les deux tiers lors du dernier cycle. Ces progrès sont en grande partie impulsés par les pays à revenu faible et intermédiaire, où les priorités en matière de climat, de mobilité et de développement se chevauchent de plus en plus.

Il est encourageant de constater que la moitié des nouvelles Contributions déterminées au niveau national (NDCs) comprennent désormais des objectifs spécifiques au secteur des transports publics, contre seulement 20 % auparavant, la plupart des plans s’étendant jusqu’à environ 2035, bien que peu d’entre eux dépassent 2040, ce qui laisse la certitude à long terme pour les investisseurs et les opérateurs en question.

De vastes objectifs à des politiques détaillées

Les pays deviennent plus précis sur la manière dont ils mettront en œuvre des transports publics à faible émission de carbone. Plus de 60 % des NDCs comprennent des engagements en faveur de l’électrification des flottes de transport en commun, tandis que près d’un tiers visent à inciter les navetteurs à passer des voitures privées aux bus, aux métros et aux tramways.

De plus en plus, les gouvernements relient ces deux stratégies : l’électrification et le changement de mode de transport pour trouver la solution la plus rentable pour décarboner les déplacements quotidiens.

Au-delà de la technologie, de nombreux pays adoptent des mesures plus holistiques : améliorer l’aménagement urbain, gérer la demande de transport et favoriser la collaboration entre les agences et le secteur privé. Il s’agit d’un changement par rapport aux solutions purement « techniques » vers une approche équilibrée « éviter-déplacer-améliorer » qui intègre l’infrastructure, la planification et le changement de comportement.

L’élément manquant : Finance

Bien que l’ambition soit en hausse, le financement reste le talon d’Achille. Près des deux tiers des CDN ne spécifient aucun budget financier pour les mesures de transport en commun (TC), ce qui rend difficile l’établissement d’un lien entre les plans et les mécanismes internationaux de financement du climat, tels que ceux prévus à l’article 6 de l’Accord de Paris.

Sans stratégies de financement claires – en particulier pour attirer les investissements privés et climatiques – de nombreux engagements risquent de rester sur le papier. Des cadres de financement stables et transparents sont essentiels pour passer des promesses politiques à des projets concrets.

Harmonisation des objectifs climatiques et de développement

Une autre tendance prometteuse : de plus en plus de Contributions déterminées au niveau national (NDCs) font explicitement référence aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, en particulier l’ODD 11 (Villes et communautés durables), l’ODD 13 (Lutte contre les changements climatiques) et l’ODD 7 (Énergie propre et d’un coût abordable).

Cette intégration souligne comment une meilleure mobilité peut offrir non seulement un air plus pur, mais aussi un accès plus équitable aux emplois, à l’éducation et aux opportunités – un avantage pour les personnes et la planète.

Perspectives pour la COP30

Les conclusions de l’UITP arrivent alors que la présidence brésilienne de la COP30 prépare son programme d’action, conçu pour intensifier les solutions climatiques dans les secteurs économiques clés.

Les transports en commun joueront un rôle de premier plan grâce aux efforts de l’UITP pour soutenir les actions en matière de financement, de renforcement des capacités et de politique nationale. Cet alignement entre les engagements des Contributions déterminées au niveau national (NDCs) et les règles qui régissent la manière dont les pays financent, coopèrent et échangent les réductions d’émissions dans le cadre de l’Accord de Paris sera un élément clé à Belém.

Les mécanismes du marché international du climat ont le potentiel de révolutionner le secteur des transports en commun et ont déjà soutenu le déploiement de bus électriques à Bangkok, illustrant comment les cadres climatiques mondiaux convenus lors des COP peuvent directement accélérer la transition vers une mobilité plus propre et plus efficace.

Il sera crucial que les règles établies lors de la COP30 et au-delà reflètent correctement les besoins spécifiques du secteur des transports en commun, car cela peut aider à réduire les risques liés aux investissements et à débloquer des financements climatiques supplémentaires.

Le message est clair : les transports en commun sont enfin reconnus comme une solution climatique essentielle – mais ils doivent désormais être soutenus par des investissements solides, une gouvernance et une mise en œuvre efficaces. La phase suivante des discussions sur le climat déterminera si les mots ambitieux d’aujourd’hui se traduiront par plus de bus, de trains, de tramways et de métros qui déplacent des millions de personnes tout en protégeant la planète.