Alliez expertise aéronautique, leadership gouvernemental et sens de l’entreprise, et vous obtenez un visionnaire des transports qui a façonné la mobilité à Singapour, que ce soit dans les airs, sur terre ou en mer.

Dans cette interview « Pleins feux sur l’Asie-Pacifique » de l’UITP, Alan Chan, président de l’Autorité des transports terrestres de Singapour, revient sur une carrière remarquable qui l’a conduit à occuper des postes de direction dans les secteurs de l’aviation, de l’administration publique et du monde des affaires.

Ingénieur en aviation civile de formation, son parcours l’a conduit de la gestion des opérations aéroportuaires à la supervision de l’ensemble du système de transport national en tant que secrétaire permanent, puis, après sa retraite, à la tête de l’Autorité des transports terrestres.

Son admiration pour M. Lee Kuan Yew, sous les ordres duquel il a occupé le poste de secrétaire particulier principal, témoigne d’un profond attachement au service public et à la construction de la nation. C’est ce même dévouement qui caractérise aujourd’hui son style de direction : ouvert, valorisant et fondé sur la confiance.

Aux jeunes professionnels, son conseil est clair : misez sur la polyvalence et l’apprentissage tout au long de la vie. Et en matière de transports publics, il répond aux attentes croissantes par l’innovation, la communication et une attention constante portée à la sécurité.

Voici l’histoire d’un dirigeant qui a contribué à faire avancer Singapour, au sens propre comme au figuré.

#1 Qu’est-ce qui vous a incité à vous orienter vers une carrière dans le secteur des transports publics ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur en aviation civile, au cours de laquelle j’ai étudié tous les aspects de la gestion de l’espace aérien, des compagnies aériennes et des aéroports. Ces principes peuvent également s’appliquer aux systèmes de transport terrestres et maritimes.

Après avoir effectué mon service national dans l’armée de l’air, j’ai été nommé directeur d’aéroport, chargé de superviser les opérations au sol et la gestion immobilière. Tous ces lieux étaient directement desservis par les transports publics et les transports terrestres.

Par la suite, j’ai été nommé secrétaire permanent du ministère des Transports. À ce poste, j’étais chargé d’assurer le bon fonctionnement du système de transport terrestre, maritime et aérien de mon pays.

Après avoir pris ma retraite en tant que PDG d’une entreprise spécialisée dans les médias et l’immobilier, on m’a demandé de présider l’Autorité des transports terrestres de 2017 à aujourd’hui. C’est ainsi qu’à différentes étapes de ma carrière, j’ai travaillé dans le secteur des transports publics.

#2 Quel personnage historique admirez-vous ?

En tant que premier Premier ministre de Singapour de 1959 à 1990, M. Lee Kuan Yew a fait passer le pays du tiers-monde au premier rang mondial en l’espace de seulement trente ans. 

Il a supervisé d’importantes réformes économiques et le développement urbain, et a mis en place une politique visant à promouvoir la méritocratie, le multiracialisme et la lutte contre la corruption. Grâce à ces fondements, le PIB par habitant de Singapour est passé de 500 dollars américains en 1959 à 92 932 dollars américains en 2025.

J’ai eu le privilège d’être le secrétaire particulier de M. Lee de 1994 à 1997. Ce qui m’a le plus marqué chez M. Lee, c’est qu’il ne vivait que pour améliorer la vie à Singapour. Un homme entièrement dévoué à la paix et à la prospérité de son pays.

#3 Un message que vous aimeriez adresser aux jeunes.

Un article du Financial Times publié en 2017 et intitulé « Prévoyez cinq carrières au cours de votre vie » a envoyé un message fort aux jeunes qui quittent l’école. Cette tendance s’explique par la multiplication des possibilités de carrière, l’évolution des compétences, l’épanouissement personnel, la dynamique du marché du travail et l’allongement de l’espérance de vie. 

Cela laisse entendre que nos jeunes ne devraient pas se spécialiser à outrance, mais s’intéresser à des matières variées. Au fur et à mesure qu’ils progressent dans leur carrière, ils doivent continuer à se former et à approfondir de nouveaux domaines.

#4 Quelle est votre devise pour maintenir le moral de votre équipe au plus haut niveau ?

Afin de préserver l’esprit d’équipe au sein de mon équipe de direction, j’ai multiplié les moments de détente pour apaiser les tensions. Nous participons également à de nombreuses rencontres sociales afin de faire tomber les barrières qui les séparent.

Les informations sont largement diffusées afin que l’équipe ait une vision d’ensemble des objectifs généraux. Enfin, je laisse également une grande marge de manœuvre aux cadres pour qu’ils puissent faire preuve d’esprit d’initiative dans le cadre des projets.

#5 Comment répondriez-vous aux attentes croissantes du public, qui souhaite des transports publics irréprochables, fluides et efficaces ?

L’information et la communication sont essentielles.

Contrairement à autrefois, où le métro ou le bus était conduit manuellement par un conducteur, on assiste aujourd’hui à une automatisation croissante, avec l’apparition de métros sans conducteur ainsi que de bus et de taxis autonomes.  Il s’agit de systèmes techniques complexes composés de plusieurs sous-systèmes fonctionnant en synergie.

Le Métro est également un réseau interconnecté comprenant de nombreuses stations et rames ; un problème peut avoir des répercussions sur l’ensemble du réseau.

La sécurité étant la priorité absolue pour l’opérateur, le système sera arrêté au premier signe de problème, ce qui causera des désagréments aux usagers. Mais c’est le prix à payer pour la sécurité. Cela nécessiterait des diagnostics et une guérison rapides.

Il faudrait proposer des modes de transport alternatifs pour maintenir le flux des navetteurs.