Depuis des décennies, les voitures dictent l’aménagement urbain et la mobilité. Mais les véhicules privés étouffent nos rues, provoquant des millions de blessés et de morts, polluent notre air, contribuant au changement climatique et occupant l’espace public.

Passer à une mobilité durable n’est pas seulement une nécessité environnementale ; c’est une question de justice sociale, d’accessibilité, de santé, de croissance économique et de qualité de vie. Lorsque cela est fait pour garantir l’inclusivité et l’équité, l’abandon de la voiture apporte clairement une série d’avantages pour les villes et les résidents. Mais il s’agit d’un changement extrêmement politiquement chargé et difficile à mettre en œuvre.

Un changement qui porte ses fruits

Les voitures sont célébrées comme symboles d’indépendance et de statut social, mais la réalité est qu’elles étouffent nos villes. De nombreuses personnes conviennent que nous avons besoin de davantage d’infrastructures et de services de Transport en Commun (TC) de meilleure qualité, ainsi que de quartiers conçus pour une mobilité durable.

Cependant, lorsque cela signifie renoncer aux places de stationnement ou réduire l’espace réservé aux voitures, le soutien s’estompe souvent, maintenant les villes dans le statu quo. La voiture moyenne reste inactive plus de 90 % du temps, occupant l’espace public qui pourrait être attribué à des sièges publics, des espaces verts et des chemins sûrs pour les personnes.

Cette tension se manifeste dans les villes du monde entier. À Bangkok, la taxe de congestion proposée par la Thaïlande a suscité à la fois des éloges pour avoir résolu les embouteillages et des inquiétudes quant aux coûts pour les conducteurs à faible revenu. À Medellín, l’hésitation politique à imposer des restrictions impopulaires, telles que des limites de véhicules, a entraîné un faible soutien du public et des entreprises, beaucoup considérant les changements comme perturbateurs, plutôt que transformationnelle.

À New York, les disputes politiques sur la tarification de la congestion se sont poursuivies pendant des années avant que la <g id=’1’>politique</g> ne soit finalement mise en œuvre. Il y a eu une baisse de 7,5 % du trafic la première semaine où la taxe de congestion a été mise en œuvre, en janvier 2025, par rapport à la même semaine en 2024. Et maintenant, les résidents en récoltent les bénéfices les avantages— un air plus pur, des rues plus sûres et de meilleurs transports en commun.

Pourquoi le leadership est important

Un leadership fort est le pilier de toute transition de mobilité réussie. Les avantages prennent du temps à se matérialiser, tandis que les perturbations dues aux travaux de construction sont immédiates.

Les politiciens peuvent être contraints de reculer sur les réformes face à la réaction du public ou des médias. L’engagement des parties prenantes dès le début, une communication concise et honnête, et un récit convaincant décrivant les avantages sont essentiels pour combattre la résistance initiale.

Transformation de Paris c’est une étude de cas sur le courage politique. L’administration de la maire Anne Hidalgo a transformé les rues, en répartissant l’espace pour les piétons, les pistes cyclables et la verdure aux dépens des voies de circulation et du stationnement. Bien que l’opposition ait été initialement farouche, les résultats sont indéniables : des rues plus sûres, un air plus pur, moins de pollution sonore et une ville plus agréable à vivre.

Malgré les oppositions, l’opinion publique mondiale est plus favorable à la mobilité durable que beaucoup ne le réalisent. À l’échelle mondiale, 80 % des personnes veulent que leurs pays prennent des mesures plus fermes contre le changement climatique. Et les gens disent constamment qu’ils veulent un air plus pur, plus d’espaces verts et des rues plus sûres pour leurs enfants. Tout cela est incompatible avec une planification urbaine dominée par la voiture.

La pandémie de coronavirus de 2019 a entraîné un faible niveau de trafic dans les villes. Cela a, à son tour, permis des investissements stratégiques et rentables dans la mobilité durable, en répartissant des espaces plus sûrs pour les transports en commun et la mobilité active, en créant des voies de bus dédiées pour améliorer la fiabilité du service de bus, en luttant contre la pollution de l’air grâce à des restrictions de circulation, et d’autres mesures pour protéger les résidents.

Les villes ont besoin de politiciens audacieux avec des visions à long terme axées sur l’utilisation intégrée des terres et la planification des transports et des solutions de mobilité durables. Ils doivent également veiller à ce que les gens puissent voir et ressentir les avantages dans leur vie quotidienne dès que possible.

Une stratégie juste et économiquement bénéfique

L’opposition soutient souvent que des mesures telles que la tarification de la congestion ou les zones à faibles émissions (LEZ) nuisent de manière disproportionnée aux résidents à faible revenu. En France, plusieurs gouvernements locaux ont récemment ont voté contre les LEZ, citant des préoccupations concernant la restriction de la mobilité pour ceux qui ne peuvent pas se permettre de moderniser leurs véhicules. Mais ce cadre ignore une réalité plus dure : le coût de l’inaction pèse le plus lourdement sur les pauvres.

Communautés à faible revenu Ils sont plus susceptibles de vivre dans des zones où la pollution de l’air est élevée, de souffrir de problèmes de santé liés à celle-ci et d’avoir un accès limité à des espaces publics sûrs et verts. Dans Santiago, Chili, les quartiers à faible revenu connaissent jusqu’à 21 % de jours supplémentaires avec une qualité de l’air insalubre que les zones plus riches. Les navetteurs des quintiles socio-économiques inférieurs à Bogotá, Colombie et Mexico City sont exposés à des niveaux de PM2.5 nettement plus élevés, et à Mexico, de manière disproportionnée, que leurs homologues plus aisés.

Des LEZ bien conçues, combinées à des systèmes de Transport en Commun intégrés, des réseaux de bus sans congestion, des infrastructures de déplacement actif et un soutien social ciblé, peuvent remédier à ces inégalités, en assurant un air plus pur et une meilleure mobilité pour ceux qui en ont le plus besoin.

De bons systèmes de Transport en Commun (TC) génèrent également des avantages économiques substantiels, notamment une meilleure accessibilité à l’emploi, une croissance verte et une attractivité pour les investissements. Chaque euro investi dans les Transport en Commun (TC) génère 5 à 7 euros pour la société.

Certaines personnes pensent que nous pouvons résoudre les problèmes de transport urbain en électrifiant les véhicules privés. Mais une voiture électrique reste une voiture, qui reste à l’arrêt 90 % du temps, qui occupe de l’espace sur la route et qui contribue aux accidents et à la congestion. L’accent devrait être mis sur des cadres stables pour l’investissement dans l’expansion des infrastructures et des services de Transport en Commun (TC), plutôt que sur l’électrification des véhicules privés.

La voie à suivre

La solution à long terme aux problèmes de mobilité urbaine réside dans les transports actifs, de masse et partagés intégrés. Ces systèmes, avec les Transport en Commun (TC) comme colonne vertébrale, sont plus propres, plus rapides, plus inclusifs et plus économes en espace que les voitures privées.

Transport en Commun (TC) est accessible et abordable, favorise un mode de vie actif, aide à connecter les gens et est le moyen de transport le plus sûr. La disposition de systèmes de transport multimodaux intégrés réduira la dépendance à la voiture et, couplée à des politiques urbaines à bilan carbone nul et à des réglementations d’accès aux véhicules urbains (UVAR), peut permettre la transition vers la mobilité durable.

S’éloigner des voitures privées est l’un des changements les plus difficiles mais les plus nécessaires que nos villes doivent opérer. Cela nécessite du courage politique, un dialogue clair et honnête, et une attention particulière à ce que la transition soit équitable pour tous.

Le chemin sera difficile, et les avantages ne seront pas visibles du jour au lendemain. Mais rester sur la même longueur d’onde coûtera beaucoup plus cher à la société. Un véritable changement transformationnel se produit lorsque les dirigeants restent sur la voie malgré les oppositions et lorsque chacun fait partie d’une vision partagée de rues et d’espaces conçus pour les personnes, et non pour les voitures.

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