Tendances en matière de Mobilité partagée

Les défis et les opportunités

La mobilité partagée est particulièrement bien placée pour relever les défis actuels en matière de transport. Mais à propos des défis de demain, qu’en est-il ?

En 2021, près de 80 % des trajets effectués dans l’UE l’ont été en voiture particulière. Mais lorsqu’on les interroge sur l’avenir de la mobilité, les gens s’imaginent utiliser moins la voiture et recourir davantage aux services de Mobilité partagée ainsi qu’à de nouvelles formes de transport, comme les véhicules autonomes partagés.

Tout est prêt à changer, avec l’évolution des comportements des usagers, ainsi que d’autres tendances en matière de mobilité partagée, telles que l’augmentation des investissements et la construction de nouvelles infrastructures.

Le marché de la mobilité partagée est dynamique et innovant. Même s’il est difficile de prédire ce qui se passera dans les années à venir, l’UITP a identifié sept des principales tendances en matière de mobilité partagée auxquelles les autorités et les opérateurs doivent s’attendre. Ils se répartissent en deux catégories : Innovation et réglementation.

Innovation

N° 1 : Automatisation

L’automatisation peut faciliter la maintenance et l’exploitation, tout en les rendant plus rentables. Mais l’impact le plus important de l’automatisation sera sans doute l’introduction des véhicules autonomes partagés.

À l’heure actuelle, 90 % de l’ensemble des dépenses sur le marché de la Mobilité partagée sont consacrées aux services de VTC, qui constituent un secteur particulièrement propice à l’automatisation.

Si se faire conduire – par une personne ou par un véhicule autonome – devient plus simple, plus pratique et plus abordable, les gens abandonneront leur voiture particulière au profit des services à la demande.

À l’heure actuelle, les autorités et les opérateurs déploient des véhicules autonomes partagés partout dans le monde, en vue d’un déploiement à plus grande échelle à terme.

Cela inclut des projets menés par l’UITP, tels que ULTIMO et SHOW, qui exploitent avec succès des véhicules autonomes partagés dans les rues des villes.

Le marché des véhicules autonomes partagés devrait connaître une croissance vertigineuse de 22 700 % d’ici 2030 ! Vous souhaitez en savoir plus ? Consultez notre page consacrée à la Mobilité automatisée.

N° 2 : Consolidation

Le marché de la mobilité partagée arrive à maturité. Les Start-ups passent désormais de la lutte pour conquérir des parts de marché grâce à des financements par capital-risque à des opérations de rachat mutuel et à la mise en place d’un modèle économique durable. L’issue de cette affaire et l’identité du vainqueur restent encore à déterminer.

Il est possible que le marché de la Mobilité partagée soit affecté par les investissements des équipementiers, qui diversifient leurs activités. Un partenariat avec les équipementiers peut apporter d’énormes avantages, allant de la réduction des coûts unitaires à une expansion plus rentable sur le marché.

Pourtant, le marché des équipementiers est déjà fortement concentré, et cette tendance risque de se répercuter sur le secteur de la Mobilité partagée. En réalité, plus de la moitié de l’ensemble des investissements et des acquisitions réalisés par les équipementiers l’ont été par seulement trois entreprises : Toyota, BMW et Volkswagen.

N° 3 : Électrification

Certaines entreprises de Mobilité partagée exploitent d’emblée des flottes de véhicules électriques. Mais d’autres entreprises, notamment celles actives dans les domaines de l’autopartage, de la location de voitures, des taxis, des services de taxi et de VTC, ainsi que des services à la demande, doivent relever le défi de l’électrification et de la réduction de l’intensité carbone de leurs activités.

En réalité, il ne suffit pas de faire rouler les véhicules à l’électricité et aux énergies renouvelables : le défi de l’électrification touche tous les aspects, de la production des véhicules à leur entretien, en passant par les besoins en infrastructures et leur exploitation.

La bonne nouvelle, c’est que l’amélioration constante est déjà une tendance en matière de mobilité partagée. Par exemple, la durée de vie d’une trottinette électrique en libre-service est passée de seulement 30 jours en 2019 à près de cinq ans en 2022.

  • 30 jours : durée de vie d’une trottinette électrique en libre-service en 2019
  • 5 ans : durée de vie d’une trottinette électrique en libre-service en 2022

Règlement

#4 Équité et accessibilité

De nombreuses entreprises de mobilité partagée affirment qu’elles élargissent l’offre de transport dans les zones mal desservies et pour les personnes à faibles revenus.

C’est là que les intérêts des opérateurs et des autorités pourraient se rejoindre, ces derniers cherchant à renforcer l’équité et à inciter les citoyens à abandonner leur voiture.

En résumé, cela ouvre la voie à des partenariats public-privé mutuellement avantageux qui pourraient renforcer la viabilité des services de Mobilité partagée.

N° 5 : Intégration

Il est essentiel d’intégrer les services de mobilité partagée au Transport en Commun (TC). Pour les autorités, il s’agit d’une priorité, car la mobilité combinée favorise le report modal vers des modes de transport plus durables.

Pour les opérateurs, l’intégration permet de mettre en avant leur contribution aux principaux ODD, sans compter qu’elle intègre leurs services dans l’éventail des solutions de mobilité et assure la pérennité d’une activité qui dépend souvent de financements incertains provenant du capital-risque. Et bien sûr, l’intégration fait augmenter la fréquentation !

La multimodalité, c’est la durabilité. Découvrez comment l’UITP fait progresser la mobilité combinée !

N° 6 : Politique de régulation et mesures incitatives

Les récentes mesures de politique industrielle et les incitations gouvernementales visent à stimuler l’adoption et la production de véhicules électriques. Cependant, la mobilité durable et la qualité de vie en ville peuvent être mieux favorisées en privilégiant le Transport en Commun (TC), la mobilité active et la Mobilité partagée.

En effet, les autorités locales disposent de nombreux outils pour contribuer à l’avenir de la Mobilité partagée, qu’il s’agisse de projets d’infrastructure tels que les pistes cyclables et les pôles de mobilité, ou de mesures incitatives telles que les zones de stationnement réservées et les exonérations de péage urbain.

En somme, les autorités devraient collaborer avec les entreprises de Mobilité partagée et tirer parti de leur expertise pour élaborer et mettre en œuvre des politiques efficaces.

#7 Développement durable

Parmi toutes les tendances en matière de mobilité partagée, la durabilité est sans aucun doute celle qui a le plus d’impact. Cela touche l’ensemble du secteur des transports, et c’est une exigence de plus en plus forte de la part tant de la société que des décideurs politiques.

Face à cette situation, de nombreux opérateurs prennent déjà des mesures pour réduire leurs émissions, qu’il s’agisse d’électrifier leurs flottes, d’allonger la durée de vie de leurs véhicules ou de recourir davantage aux énergies renouvelables.

Si l’on se tourne vers l’avenir de la Mobilité partagée, une réglementation stricte va être mise en place pour réduire les émissions dans le secteur des transports, qui est aujourd’hui responsable d’un quart des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie.

À l’heure actuelle, les autorités émettent des recommandations et accordent des subventions écologiques. Mais très bientôt, les pouvoirs publics commenceront à privilégier la manière forte plutôt que la manière douce – et les exploitants des transports publics ainsi que les entreprises de Mobilité partagée doivent s’y préparer.

Comment se préparer à l’avenir de la Mobilité partagée

Un marché de la Mobilité partagée en pleine évolution

Alors que les tendances, anciennes comme nouvelles, en matière de mobilité partagée continuent de bouleverser le marché, il est important que les Start-ups, les Opérateurs et les autorités soient sur la même longueur d’onde.

En effet, les défis actuels sont si vastes et les solutions si complexes qu’ils exigent une coopération. Heureusement, nous sommes mieux placés que jamais pour y faire face.

Grâce à la numérisation et à l’innovation technologique, nous sommes en mesure de recueillir des données plus précises et exploitables sur les comportements en matière de mobilité urbaine.

En effet, les services de Mobilité partagée contribuent à enrichir les données disponibles, car ils sont souvent utilisés pour des trajets de porte à porte, comblant ainsi les lacunes que le Transport en Commun (TC) n’a jusqu’à présent pas été en mesure de combler ni d’analyser.

En fin de compte, pour encourager la multimodalité chez les voyageurs, les autorités et les opérateurs doivent eux-mêmes adopter une approche multimodale.

Cela implique de partager les données, les ressources & l’expertise afin de pouvoir intégrer les services et reproduire les résultats positifs partout dans le monde.

Et c’est là que l’UITP intervient.

En tant qu’association internationale dirigée par ses membres, nous constituons une plateforme d’échange de connaissances.

Afin de faire progresser le marché de la mobilité partagée, notre nouvelle division « Mobilité partagée » rassemble tous les acteurs du secteur au sein de quatre Comités et groupes de travail.

Ces groupes constituent le cœur de l’UITP : ils élaborent des publications et animent des débats sur la manière de faire progresser le secteur vers l’avenir de la mobilité. Comme on dit, si l’on veut aller loin, il faut y aller ensemble.

Vous souhaitez obtenir davantage d’analyses d’experts sur l’avenir de la Mobilité partagée ? Assistez à notre Webinaire gratuit !