Harmonieux et durable. Si telle est la vision de la mobilité à laquelle nous aspirons, nous devons alors travailler ensemble sur tous les aspects de la mobilité. Et cela inclut le stationnement.

Lors du UITP Summit 2025 à Hambourg, l’UITP a lancé un Groupe de travail sur la transformation du stationnement (Parking Transformation Working Group) afin d’étudier plus en détail comment le stationnement peut être utilisé pour encourager la mobilité urbaine durable.

En effet, le stationnement est un facteur déterminant qui influence le choix des gens d’utiliser ou non leur voiture. Il va sans dire que la disponibilité, l’emplacement et le prix des places de stationnement influencent les choix des usagers en matière de mobilité.

Et c’est là un levier dont les villes peuvent se servir pour favoriser un report modal vers des modes de transport plus durables.

« Pour repenser la mobilité afin de favoriser des villes plus sûres, plus vertes et plus agréables à vivre, il faut changer radicalement notre façon d’envisager les infrastructures de stationnement. » « Le stationnement ne doit plus être considéré uniquement comme une question d'aménagement du territoire, mais comme un outil dynamique de transformation urbaine. »
Ing. Mohamed Abdulla Al Ali
Président-directeur général, Parkin Company PJSC

Pourquoi le stationnement est-il important ?

Le stationnement est un élément essentiel du paysage de la mobilité, car il influe sur le mode de déplacement privilégié par chacun.

Même si le besoin en places de stationnement restera toujours d’actualité, l’existence de parkings gratuits et en nombre dissuade les usagers d’opter pour le Transport en Commun (TC) et les modes de déplacement actifs, tout en occupant un espace urbain précieux.

Et cela aggrave les inégalités. Des études montrent que les parkings à bas prix profitent aux propriétaires de voitures les plus aisés, tandis que les coûts liés à leur entretien sont souvent supportés par l’ensemble de la population.

En résumé, le stationnement peut constituer un outil efficace pour favoriser le report modal vers des modes de transport plus durables et, par conséquent, réduire les émissions.

Le stationnement mobilise également un espace urbain précieux pour des véhicules qui restent vides 95 % du temps. Et bien sûr, ce n’est pas très efficace.

Les villes pourraient plutôt construire des logements abordables à proximité des pôles de mobilité et aménager des espaces verts afin de lutter contre l’effet d’îlot de chaleur urbain.

À Rio de Janeiro, par exemple, une législation sur le stationnement adoptée en 2019 a assoupli les exigences en la matière, permettant ainsi la construction de 1 020 nouveaux appartements d’ici 2029.

La mise en place de places de stationnement peut s’avérer aussi efficace que leur suppression, à condition d’adopter la bonne stratégie.

À Brême, en Allemagne, on estime que les nouveaux pôles de stationnement destinés aux véhicules partagés ont permis de retirer 5 000 voitures de la circulation, libérant ainsi 40 km d’espace routier et contribuant à une circulation urbaine plus fluide.

« Lorsqu’il est judicieusement intégré dans des écosystèmes de mobilité durable, le stationnement favorise des comportements de déplacement plus rationnels, réduit les embouteillages et renforce la sécurité routière. » « Le stationnement favorise la connectivité du premier et du dernier kilomètre, facilite l'adoption des véhicules électriques grâce à des infrastructures de recharge et fournit des données précieuses pour améliorer l'Urbanisme. »
Ing. Mohamed Abdulla Al Ali
Président-directeur général, Parkin Company PJSC

Quelles sont les tendances en matière de stationnement ?

Dans de nombreuses villes, la question du stationnement figure déjà à l’ordre du jour et va souvent de pair avec les politiques de mobilité durable et de logement.

Par exemple, en mai 2025, l’État de Washington, aux États-Unis, a adopté une loi sur le développement axé sur le Transport en Commun (TC) afin de faciliter la construction de logements à proximité des pôles de transport public – cette mesure prévoyait notamment une réduction des exigences en matière de places de stationnement.

São Paulo a été la première mégapole à supprimer les quotas minimaux de places de stationnement pour instaurer à la place des quotas maximaux. En d’autres termes, le nombre de places de stationnement que les espaces résidentiels et commerciaux doivent mettre à disposition.

Cela permet de réduire le coût du logement – puisqu’il n’est plus nécessaire de construire et d’entretenir tous ces parkings –, tout en supprimant l’incitation à posséder une voiture et en permettant aux promoteurs immobiliers de construire davantage de logements abordables à proximité des pôles de mobilité, ce qui favorise encore davantage la mobilité durable.

De son côté, Mexico a emboîté le pas en 2017, et selon les estimations, cette politique de stationnement pourrait permettre de retirer 17 000 voitures des rues de la ville chaque année jusqu’en 2030.

Ou encore à Paris, où la suppression prévue de 60 000 places de stationnement d’ici 2030, la création de nouvelles zones piétonnes et l’augmentation des redevances pour les poids lourds s’inscrivent dans le cadre des efforts déployés par la ville pour aménager des espaces verts et encourager la marche et le vélo.

En ce qui concerne l’augmentation des tarifs de stationnement, il existe des exceptions :

  • Les véhicules électriques bénéficient d’une limite de poids plus élevée avant que des frais supplémentaires ne s’appliquent
  • Les résidents, les travailleurs manuels et les services d’urgence en sont exemptés

En substance, cette mesure vise les véhicules dont la ville souhaite réduire le nombre, ce qui montre comment la politique de stationnement peut être mise à profit pour modifier certains comportements en matière de mobilité.

Le nouveau Groupe de travail sur la transformation du stationnement (Parking Transformation Working Group)

En collaboration avec les comités « Transports et vie urbaine » et « Comité de mobilité combinée (Combined Mobility Committee) » de l’UITP, ce nouveau groupe de travail sera présidé par Mohamed Abdulla Al Ali, PDG de Parkin.

Le groupe examinera les meilleures pratiques et les études de cas provenant du monde entier sur la manière dont les villes peuvent utiliser le stationnement pour rendre la mobilité plus durable.

Pourquoi l’UITP met-elle en place un Groupe de travail sur le stationnement ? En tant qu’association en pleine croissance et en constante évolution, l’UITP ne se concentre pas uniquement sur les transports publics, mais aussi sur leur intégration avec la Mobilité active et partagée, afin de garantir un système de mobilité global qui réponde aux divers besoins des citoyens.

En matière de stationnement, une gestion efficace contribue à améliorer l’accessibilité et la sécurité routière, à réduire la pollution atmosphérique et à améliorer la qualité de vie globale des citoyens.

Des plateformes telles que l’UITP permettent aux opérateurs, aux autorités et aux acteurs de l’industrie de mieux collaborer à l’élaboration de stratégies visant à rendre la mobilité plus fluide et plus durable.

Et le Groupe de travail sur la transformation du stationnement (Parking Transformation Working Group) veillera à ce que le stationnement fasse partie intégrante de cette stratégie.

« Une approche collaborative associant les pouvoirs publics, les opérateurs privés et les urbanistes est nécessaire pour garantir que chaque espace contribue à améliorer la qualité de vie dans l'ensemble des environnements urbains. »
Ing. Mohamed Abdulla Al Ali
Président-directeur général, Parkin Company PJSC