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Lors du tout premier Forum UITP Europe, qui s’est tenu le 24 juin à Bruxelles, un message a résonné tout au long de la journée: les ambitions de l’Europe en matière de transports publics ne se réaliseront que si nous investissons dans des personnes ayant le même engagement que nous investissons dans les infrastructures et l’innovation.

L'avenir des transports publics ne sera pas déterminé par la seule technologie mais par les personnes qui le rendent possible. Investir dans les compétences n'est donc pas simplement une priorité RH, c'est un investissement stratégique dans la Résilience, la compétitivité et la durabilité du secteur des transports publics européen.
Gabrielle Costigan, PDG de Global Rail Group et vice-présidente de la Division UITP Europe

Cette idée s’est exprimée à travers des sessions portant sur la politique et la recherche européennes, numérisation, automatisation, développement de la main-d’œuvre et données mobilité, toutes mettant en lumière les nombreuses dimensions des transports publics et la manière dont ils sont de plus en plus interconnectés.

Parallèlement à ces discussions, les participants pourraient explorer comment l’UITP participe à des projets de recherche et d’innovation contribuant à rapprocher les priorités européennes des besoins quotidiens des transports publics et de la Mobilité partagée.

Alors que les discussions sur le cadre financier pluriannuel Suivant atteignent une étape décisive, Serena Lancione, présidente de la Division Europe de l’UITP, a souligné l’importance de veiller à ce que les transports publics restent fermement ancrés dans le programme d’investissement à long terme de l’UE.

S’appuyant sur ce MOMENTUM, le Président Gautier Brodeo de l’UITP a souligné le travail continu de l’association pour renforcer le lien entre les projets de recherche et d’innovation et le développement politique, en veillant à ce que les Résultats des projets alimentent de plus en plus les positions politiques, renforcent Plaidoyer et aident les Membres à renforcer davantage les transports publics en Europe.

Investir dans les gens derrière les transports publics

Modérée par Sónia Páscoa, membre du conseil d’administration de Metropolitano de Lisboa et vice-présidente du Comité UITP UE, cette table ronde a montré que le défi de la main-d’œuvre des transports publics va bien au-delà d’une pénurie de chauffeurs.

Alors que le secteur adopte la numérisation, s’adapte au vieillissement de la main-d’œuvre et répond à l’évolution des attentes des employés, les compétences nécessaires à l’exploitation et à la maintenance des transports publics évoluent rapidement.

De gauche à droite: Sónia PÁSCOA, membre du conseil d’administration, Metropolitano de Lisboa et vice-présidente du Comité UITP UE; Emanuele PROIA, directeur général, ASSTRA; Gabrielle COSTIGAN, PDG, Global Rail Group et vice-présidente d’UITP Europe Division; Isabelle VANDOORNE, chef adjointe de l’unité Innovation et mobilité urbaine, DG MOVE, Commission européenne (CE)

Le secteur ne recherche plus uniquement les métiers traditionnels du transport mais de plus en plus des ingénieurs de maintenance, des techniciens, des analystes de données et des spécialistes du numérique. Comme l’a noté Emanuele Proia, Directeur Général chez ASSTRA, les transports publics deviennent une Industrie high-tech, et rendent MORE important que jamais l’investissement en Formation, requalification et montée en compétences.

Il a cité le partenariat de l’ASSTRA avec l’agence italienne pour l’emploi Sviluppo Lavoro Italia comme un exemple de la manière dont le secteur réagit, combinant cartographie des compétences et Programmes de formation rémunérés et basés sur l’entreprise qui permettent aux jeunes recrues d’acquérir une expérience pratique tout en gagnant un salaire, beaucoup progressant directement vers des postes permanents.

Attirer de nouveaux talents n’est qu’une partie du défi. Il est tout aussi important de conserver des employés expérimentés, soulignant que remédier à la pénurie de main-d’œuvre nécessite bien MORE que le seul recrutement.

Comme l’a souligné Gabrielle Costigan, CEO chez Global Rail Group et Vice-Présidente d’UITP Europe Division, il faut créer des parcours professionnels attractifs, investir dans l’apprentissage continu et construire des écosystèmes de Formation modernes qui dotent les gens des compétences nécessaires.

Les transports publics n’ont pas besoin de réinventer la roue. D’autres secteurs, en particulier l’Industrie énergétique, ont déjà subi d’importantes transformations de main-d’œuvre sous l’impulsion de la numérisation, de l’évolution démographique et des nouvelles technologies. Leurs expériences offrent des enseignements précieux qui peuvent aider le secteur des transports publics à constituer une main-d’œuvre résiliente et à façonner l’avenir des mobilités.

Du point de vue de la Commission européenne, Isabelle Vandoorne, chef adjointe de l’unité Innovation et mobilité urbaine à la DG MOVE, a décrit comment les initiatives européennes peuvent soutenir ces efforts.

Parallèlement aux campagnes de communication promouvant le rôle essentiel des transports publics et aux activités de sensibilisation visant à encourager les jeunes à faire carrière dans la mobilité, elle a souligné le travail continu du Comité européen du dialogue social sectoriel et de l’initiative Am bassadeurs pour la diversité dans les transports, qui promeut la diversité, l’égalité et l’inclusion dans l’ensemble du secteur.

Pour l’avenir, elle a également évoqué le prochain paquet mobilité équitable, attendu après l’été, qui vise à simplifier et à numériser l’emploi transfrontalier tout en encourageant une approche MORE collaborative pour relever les défis du marché du travail.

Les institutions UE comme catalyseurs de l’innovation mobilité

Avec des représentants de la DG MOVE, de la DG CONNECT, de la DG RDT et de CINEA, l’éventail des aides de l’UE déjà disponibles pour les transports publics et Mobilité partagée est apparu, des politiques, instruments de financement, programmes de recherche, outils de déploiement, aux moyens pour les villes, les autorités et les opérateurs d’apprendre les uns des autres.

Mais ce type de soutien ne fait pas le travail seul, chaque instrument proposé doit encore être récupéré localement, adapté à un réseau spécifique, et transformé en quelque chose que les passagers, les travailleurs et les communautés peuvent réellement ressentir dans leurs trajets quotidiens.

De gauche à droite: M. Giacomo SOMMA, conseiller de projet – MIE Transports, Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA); Marzena JOUGOUNOUX, chargée de mission politique, Unité «Transitions propres», DG RDT, CE; Umberto GUIDA, chef de la réalisation de projets de recherche et d’innovation, UITP; Isabelle VANDOORNE, chef adjointe de l’Unité «Innovation et mobilité urbaine», DG MOVE, CE; Rolf RIEMENSCHNEIDER, chef du secteur «Internet des objets», DG CONNECT, CE

Ce message s’est également fait l’écho des remarques finales de Mohamed Mezghani, Secrétaire général de l’UITP. L’innovation et la technologie, a-t-il rappelé aux participants, font déjà partie des transports publics. Ce qui compte maintenant, c’est comment elles sont utilisées, et si elles servent réellement les gens. Comme il l’a dit, « les gens restent le plus grand atout du secteur », et l’innovation doit toujours être façonnée avec eux à l’esprit.

Les données mobilité doivent être partagées, comprises et utilisées avec finalité

Les transports publics dépendent déjà des données de nombreuses façons: flux de passagers, performance de la flotte, consommation d’énergie, sécurité, fiabilité des services, information client.

Grégory Malet, Directeur RSE chez RATP Dev, a évoqué À propos d’un changement en cours : les données étaient avant un outil opérationnel, mais reporting développement durable, Résilience, exigences réglementaires et achats responsables en font un atout stratégique. La collecte de chiffres n’est cependant qu’une première étape car ils doivent être analysés et communiqués de manière à pouvoir y réagir.

Ce changement est déjà visible chez Transport for London. Rebecca Bissell, Directrice Technology Product & Operations, a montré comment les données circulent dans le travail quotidien du réseau : les modes Billettique et de paiement aident à expliquer comment les clients se déplacent, les informations sur les actifs guident les priorités de rénovation, et les informations sur la sécurité éclairent la gestion des foules et la présence policière.

Mais faire en sorte que cela fonctionne à grande échelle est une autre question. Axel Volkery, chef de l’unité Innovation et mobilité urbaine à la DG MOVE, a souligné que la question n’est pas nécessairement une « pénurie de données », le problème le plus important est la fragmentation: savoir où se trouvent les informations, qui peut y accéder, comment elles peuvent être partagées, et comment établir la confiance entre les partenaires. Le Data SPACE européen, a-t-il noté, est censé être la couche connective qui rassemble ces points dispersés.

Et même au sein d’une seule organisation, l’accès ne garantit pas l’utilisation. Jens Plambeck, directeur du développement stratégique à l’administration des transports publics de la Région Stockholm, a souligné une lacune à laquelle beaucoup sont confrontés: les personnes qui comprennent les données ne sont pas toujours celles qui établissent les priorités.

Quand cette expertise est trop éloignée des choix qui sont faits, on peut passer à côté ou retarder des idées utiles. Certaines villes comblent déjà cet écart : à Oslo, Ruter utilise l’IA comme pont pour construire une compréhension partagée entre les deux.

Au final, les données mobilité peuvent aider à « libérer des villes plus intelligentes et MORE durables », mais seulement lorsqu’elles sont liées à un objectif clair. L’intérêt n’est pas de collecter MORE. Il est d’aider les gens à planifier, investir et améliorer les services avec une compréhension partagée de ce que les preuves montrent réellement.

De gauche à droite: Karine SBIRRAZZUOLI, directrice principale Ressources & Expertise, UITP; Rebecca BISSELL, directrice Produits et Opérations technologiques, Transport pour Londres; Grégory MALET, directeur RSE, RATP Dev; Jens PLAMBECK, directeur Développement stratégique, Administration des Transports publics, Région Stockholm; Axel VOLKERY, chef d’unité Innovation et Mobilité urbaine, DG MOVE, CE

Mobilité automatisée et enjeu du passage à l’échelle

La dernière séance de la journée a examiné le déploiement de Mobilité automatisée en Europe et ce qu’il faudra faire pour passer des pilotes aux services à grande échelle – une question que le débat a formulé à partir de la récente publication de l’UITP « Mobilité automatisée: l’étape Suivante pour les de transports publics ».

Clémentine Barbier, Responsable Mobilité Autonome chez Keolis, a ramené la conversation aux premiers principes: l’automatisation doit être conçue autour des besoins des citoyens, y compris des usagers les plus vulnérables, qu’il s’agisse des zones urbaines denses, des parcours ruraux, des services à la demande ou des lignes fixes.

Endre Angelvik, Vice Président Exécutif Radical Innovation chez Ruter, a reconnu que l’automatisation n’est pas un objectif en soi et qu’elle gagne sa place grâce à ce qu’elle ajoute au système de transport public plus large, y compris les Systèmes de Transports Intelligents (STI).

Françoise Guaspare, conseillère politique principale à la représentation d’Île-de-France auprès de l’UE, la réponse honnête est que le marché des transports publics de Mobilité automatisée n’existe pas encore vraiment.

Elle a souligné que l’Europe restait encore trop souvent bloquée au stade expérimental et qu’elle devait s’orienter vers le service commercial, soutenu par une collaboration renforcée entre pouvoirs publics, opérateurs et Industrie.Au niveau de l’UE, la suppression du plafond des homologations de type a été évoquée comme une mesure concrète qui laisserait l’investissement évoluer au lieu de stagner.

Jonas Wigger, responsable des affaires publiques chez HOLON, a ajouté que les cas d’utilisation doivent s’inscrire dans un système de mobilité plus large, avec des cadres prévisibles pour la sécurité, la responsabilité, l’homologation de type et les opérations.

Le potentiel de Mobilité automatisée est réel : ce qui manque, ce n’est pas la technologie, c’est la demande commune, l’approvisionnement partagé, l’investissement à long terme et des cadres suffisamment harmonisés pour évoluer, tout en laissant la place à l’adaptation locale.

De gauche à droite: John MCSWEENEY, Directeur Ressources & Expertise, UITP; Clémentine BARBIER, Responsable Mobilité Autonome, Keolis; Endre ANGELVIK, Vice Président Exécutif Innovation Radicale, Ruter As; Françoise GUASPARE, Conseillère Politique Senior, Représentation Ile-de-France auprès de l’UE; Jonas WIGGER, Responsable Affaires Publiques, HOLON GmbH

Un agenda commun pour l’avenir des transports publics européens

L’avenir des transports publics européens sera construit grâce à la coopération entre institutions, opérateurs, autorités, Industrie, chercheurs et praticiens.Des données main-d’œuvre et mobilité à l’innovation UE et Mobilité automatisée, chaque discussion a montré pourquoi le secteur a besoin de SPACE pour Exchange, tirer des enseignements de la pratique et maintenir les transports publics en tête des priorités européennes en matière de climat, d’investissement et d’inclusion.

La conversation ne s’arrête pas là, elle se poursuit la Suivante, alors que le secteur se réunit à l’UITP Summit de Hambourg !