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Partout dans le monde, les villes commencent à s’adapter à une offre de mobilité plus diversifiée et à prendre conscience de la nécessité d’une mobilité combinée. Au cours de la dernière décennie, la Mobilité partagée, qu’il s’agisse du covoiturage, de la Mobilité à la demande ou de la micromobilité partagée, a connu une croissance fulgurante.

Aux États-Unis, par exemple, le nombre de trajets en micro-mobilité partagée est passé de seulement 2,4 millions en 2011 à 147 millions en 2022. En Europe, ce chiffre a encore augmenté pour atteindre 485 millions de TRIPS.

Même si la pandémie a constitué un revers, la fréquentation du Transport en Commun (TC) et de la Mobilité partagée est en train de se redresser. Dans l’ensemble de l’UE, la fréquentation des services de Mobilité partagée a augmenté de 11 % au début de l’année 2023 par rapport à 2022.

L’intérêt renouvelé pour les nouveaux services de mobilité oblige les villes et les communes à mettre en place un modèle durable et intégré aux réseaux de transports en commun existants.

La mobilité partagée, c’est-à-dire l’utilisation de véhicules partagés tels que les vélos, les trottinettes électriques et les voitures, ainsi que les services de mobilité à la demande comme les taxis et les services de VTC, peut compléter les modes de transport en Commun traditionnels.

Associée aux réseaux de Transport en Commun existants, la Mobilité partagée permet à chacun d’effectuer des trajets de porte à porte en utilisant les modes de transport qui lui conviennent le mieux.

Types de véhicules partagés

Vélos en libre-service

Des vélos destinés à la location publique, répartis dans différentes stations ou accessibles via des applications, généralement utilisés pour de courtes durées et laissés à la disposition d’autres personnes.

Trottinettes électriques en libre-service

Des trottinettes électriques louées via des applications, utilisées brièvement, puis garées pour le suivant. Selon les règles et les politiques locales, ils peuvent soit être « en libre stationnement », ce qui signifie qu’ils peuvent être garés n’importe où, soit être stationnés dans des zones spécifiques.

Voitures partagés

Des véhicules stationnés ou en libre-service que vous pouvez louer pour de courtes durées, souvent à l’heure ou à la minute, sans avoir à vous soucier des responsabilités liées à la propriété.

Voitures de location

Services permettant de réserver des voitures en location pour une durée courte à moyenne, généralement auprès d’un point de location ou d’une agence fixe.

Types de mobilité à la demande

Taxi

Des voitures de location classiques, que l’on peut héler dans la rue, trouver aux stations de taxis ou réserver à l’avance, dont le prix est calculé en fonction de la distance parcourue ou du temps passé. Ils sont parfois utilisés en combinaison avec d’autres services de Mobilité à la demande.

Services de covoiturage

Un type de service de transport dans lequel les utilisateurs font généralement appel à des conducteurs via une plateforme numérique, telle qu’une application.

Transport à la demande

Un réseau de Transport en Commun flexible et accessible à tous, capable de s’adapter en temps réel aux besoins des usagers et de modifier ses itinéraires ou ses horaires en conséquence.

On peut citer, par exemple, une ligne de bus qui ne dessert certains arrêts que si un usager a demandé au chauffeur de s’y arrêter. Ou encore des bus, des minibus ou des voitures offrant une grande flexibilité et permettant de regrouper différents passagers.

Transport informel en Amérique du Nord et services similaires

Des services de mobilité à la demande conçus pour répondre aux besoins des personnes nécessitant une aide supplémentaire, c’est-à-dire destinés à un public spécifique.

Covoiturage

Le covoiturage avec un conducteur non professionnel, qui consiste à faire en sorte que plusieurs personnes se déplacent dans un même véhicule, souvent pour se rendre au travail ou à l’école.

Les perspectives offertes par la Mobilité partagée et la Mobilité à la demande

Dans l’ensemble, ces nouveaux modes de mobilité facilitent les trajets de porte à porte et comblent les lacunes là où l’exploitation du Transport en Commun est moins rentable.

C’est pourquoi les Véhicules partagés et les services de Mobilité à la demande constituent une formidable opportunité pour inciter les gens à délaisser leur voiture au profit de modes de transport plus écologiques.

Cela permettrait ainsi d’assainir nos villes et nos communes, mais aussi de libérer de vastes espaces publics actuellement utilisés pour le stationnement de voitures particulières qui, en moyenne, ne sont occupées que 57 minutes par jour.

Pour cela, les autorités urbaines doivent toutefois intégrer la Mobilité partagée dans les systèmes de transport publics existants. En effet, cette transition est en cours en ce moment même.

La mobilité partagée connaît une croissance rapide, et le marché arrive à maturité

La nouvelle mobilité promet de révolutionner les transports urbains. D’ici 2030, le marché du covoiturage devrait atteindre 215,4 milliards d’euros, soit le double du chiffre de 2019, tandis que celui de la Mobilité à la demande sera encore plus important, avec 622 milliards d’euros, ce qui représente une augmentation vertigineuse de 400 %.

Jusqu’à présent, les deux entreprises ont connu une croissance rapide en privilégiant la part de marché plutôt que la rentabilité. En effet, ce n’est qu’en 2022 qu’une entreprise de micromobilité a enregistré son premier exercice entièrement rentable.

Mais les choses changent.

« Nous assistons à l'émergence de systèmes hybrides, qui combinent les avantages des systèmes publics et privés. » « L'époque où les marchés privés de la micromobilité n'étaient soumis à aucune réglementation est révolue. »
Sebastian Schlebusch, Head of Marketing Development, Dott

La croissance attire l’attention : L’essor des partenariats public-privé

Les autorités s’intéressent de plus en plus à la Mobilité partagée, en raison de la croissance du secteur et d’une convergence d’intérêts communs.

Cela va de la gestion des niveaux de service afin d’éviter une saturation excessive du marché, à la négociation de contrats avantageux avec les prestataires sélectionnés – en excluant tous les autres.

Les partenariats public-privé, dans le cadre desquels les pouvoirs publics s’associent aux opérateurs de mobilité partagée et au secteur privé, visent à profiter aux deux parties, ainsi qu’aux citoyens, qui bénéficieront d’un réseau de transports publics plus intégré et plus flexible.

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Pourquoi la mobilité combinée : L’avenir des nouveaux services de mobilité

Dans cette optique, il est essentiel que les services de mobilité à la demande et de mobilité partagée nouent des partenariats mutuellement avantageux avec les exploitants des transports publics et les autorités de transport. Il y a plusieurs raisons à cela :

  • Les pouvoirs publics ne disposent pas de l’expertise en matière d’innovation dont font preuve les opérateurs privés et l’industrie
  • Les opérateurs privés ne bénéficient pas d’économies d’échelle et ne disposent pas des capacités nécessaires pour gérer l’espace public
  • Considérant que les autorités peuvent mettre en place des infrastructures et relier les principaux pôles afin de favoriser l’adoption de la Mobilité partagée et d’atteindre les objectifs climatiques, ce qui permettra d’avoir des villes plus propres
  • Ce qui pourrait permettre aux opérateurs privés de réaliser des opérations plus rentables
  • qui viennent compléter les réseaux de Transport en Commun existants

La mobilité partagée reste confrontée à des défis : la réalité sur le terrain

Aujourd’hui, différentes villes ont opté pour des stratégies différentes. En effet, les accords entre partenaires peuvent être très variés ou de nature très diverse, allant de l’octroi d’un contrôle total à des opérateurs privés au financement public de flottes ou d’infrastructures privées.

Lors d’un atelier de l’UITP qui a réuni des autorités et des opérateurs du secteur des Vélo partagés, Sebastian Schlebusch, de Dott, a fait remarquer qu’« il n’existe pas en Europe un seul système de Vélo partagés qui soit entièrement privé ou entièrement public ».

Le terrain est donc prêt pour la mobilité combinée, même si les modalités précises de sa mise en œuvre restent encore à définir.

Alors que les autorités considèrent que l’intégration des transports publics aux nouvelles formes de mobilité constitue le meilleur moyen de réduire la dépendance à l’égard de la voiture particulière, les opérateurs de mobilité partagée voient dans ce partenariat un moyen de s’ancrer dans le réseau global et de consolider leur part de marché dans un environnement historiquement dynamique et concurrentiel.

Cependant, des obstacles subsistent encore dans cette entreprise. En effet, il existe des domaines dans lesquels l’intégration doit aller plus loin (et le fera probablement bientôt) pour que la mobilité combinée soit couronnée de succès. C’est ce qu’a également souligné Benoit Beroud, expert en mobilité durable, lors de l’événement consacré au Vélo partagés organisé par l’UITP.

« Si vous souhaitez intégrer pleinement la mobilité dans le Transport en Commun (TC), cela sera plus facile si la base de données est commune au TC et aux Vélos partagés, afin de pouvoir collecter des données permettant d'analyser quels trajets sont intermodaux. » « Mais pour l'instant, nous ne disposons pas de chiffres concrets concernant l'intermodalité, car la plupart des résultats dont nous disposons à ce jour reposent sur des enquêtes. »
Benoit Beroud, Sustainable Mobility Expert, Mobiped

Établir des projets à long terme : Et maintenant, ce qui suit : où aller ?

Comment pouvons-nous, en tant que industrie, encourager l’intermodalité et la multimodalité, s’il est impossible de les analyser ? Ce n’est là qu’une des questions auxquelles le secteur de la Mobilité partagée et les autorités devront répondre et s’attaquer au cours des prochaines années afin de renforcer l’intégration, tout en préservant la confidentialité des données et en garantissant une expérience de transport fluide et de grande qualité pour les usagers. L’heure est venue de miser sur la mobilité combinée – et ses avantages sont évidents.

Partie II : Comment les solutions de mobilité partagée peuvent améliorer nos villes et nos communes

L’UITP souhaite promouvoir la Mobilité partagée. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle Division dédiée à la Mobilité partagée. Au sein de la division, nos comités et groupes de travail réuniront des professionnels du secteur, qu’il s’agisse de Start-ups, d’autorités ou d’opérateurs, afin de faciliter les échanges de connaissances.

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La division Mobilité partagée de l’UITP