Plus de 99 % de la population respire un air malsain, ce qui entraîne 6,7 millions de décès chaque année. À l’occasion de la Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) invite chacun à s’unir pour un air pur. Et pour assainir l’air dans les villes, le Transport en Commun (TC) joue un rôle essentiel.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les risques pour la santé liés aux particules d’un diamètre égal ou inférieur à 10 microns (PM₁₀) sont particulièrement élevés.

Elles pénètrent profondément dans les poumons. Les particules de moins de 2,5 microns peuvent même pénétrer dans la circulation sanguine. Cela a de graves répercussions sur la santé cardiovasculaire et respiratoire.

Les particules de cette taille (PM) sont principalement générées par la combustion de combustibles, notamment dans les secteurs du transport, de l’énergie et de l’industrie. En luttant contre la pollution atmosphérique grâce à une réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles, on s’attaque également à cette autre menace environnementale pour la santé humaine : le changement climatique.

« La pollution nous tue »

En juin dernier, Maria Neira, de l’OMS, s’est jointe à nous lors du UITP Summit pour nous rappeler à quel point le Transport en Commun contribue à rendre nos villes et nos vies plus heureuses et plus saines. Elle a fait part de son point de vue sur le rôle essentiel du Transport en Commun (TC) dans l’amélioration de la santé publique, notamment en ce qui concerne la qualité de l’air.

« La pollution nous tue. » Un système de transport adapté est un élément essentiel de la santé publique. « Cela permet de réduire la pollution atmosphérique, de diminuer le nombre de décès sur la route et de faire baisser l’incidence des maladies non transmissibles. »

Elle a invité les ministres et les maires du monde entier à garder deux choses à portée de main. Il s’agit d’un exemplaire du rapport de l’OMS sur la lutte contre la pollution atmosphérique. Le deuxième point, et le plus important : une évaluation actualisée de la qualité de l’air dans leurs villes.

« Commencez par examiner ce chiffre chaque jour, puis élaborez des politiques qui contribueront à l’améliorer. » « C’est la seule façon de rendre notre planète et nos citoyens en meilleure santé. »

Réduire de moitié la pollution atmosphérique

Le Transport en Commun (TC) émet nettement moins de gaz à effet de serre que les véhicules particuliers. Doubler la fréquentation du Transport en Commun d’ici 2030 permettrait non seulement de créer des dizaines de millions d’emplois et de réduire de moitié les émissions urbaines, mais aussi de réduire la pollution atmosphérique liée aux transports jusqu’à 45 %.

Pour y parvenir, des investissements sont nécessaires. Non seulement nous devons réaliser la décarbonation des transports en Commun existants, mais nous devons aussi rendre l’accessibilité plus grande.

Selon la Division des statistiques des Nations Unies, 50 % de la population urbaine mondiale ne dispose pas d’un accès pratique au Transport en Commun. Cela signifie qu’une personne sur deux ne dispose pas d’un arrêt de bus ou de tramway à moins de 500 mètres à pied, ni d’un arrêt de train, de métro ou de ferry à moins de 1 000 mètres.

Une étude de 2023 intitulée « Les métros et les émissions de CO₂ : Une « analyse mondiale à partir de données satellitaires » utilise ces données pour mesurer les émissions de CO₂ dans les zones urbaines du monde entier. Les chercheurs Susmita Dasgupta, Somik Lall et David Wheeler ont constaté que les métros réduisaient de moitié les émissions de CO₂ liées à la population.

Même en se basant sur des hypothèses pessimistes concernant les coûts d’investissement liés à la mise en place de réseaux de Métro, les chercheurs constatent que « des centaines de villes tirent un avantage climatique significatif, en plus des bénéfices liés à la réduction des embouteillages et de la pollution atmosphérique locale ».

Retour à la normale grâce à une offre de Transport en Commun renforcée

Le Transport en Commun (TC) constitue la meilleure solution pour la décarbonation des villes, l’accélération de la transition énergétique et la réduction considérable des émissions avant 2030. C’est le moyen le plus rentable de réaliser la décarbonation de la mobilité quotidienne des citoyens et d’assainir notre air. Ces investissements sont rentables.

Pour y parvenir, nous devons réaliser la décarbonation de nos flottes automobiles tout en développant l’offre en énergies renouvelables. Parallèlement, les pouvoirs publics devraient aider les citoyens à délaisser la voiture particulière au profit du Transport en Commun (TC), de la marche et du vélo.

En aidant les gouvernements nationaux et les collectivités locales à réaliser ces investissements, nous pouvons mettre en place de meilleurs systèmes de mobilité urbaine en partant de la base. C’est la seule façon de renforcer le Transport en Commun et la Mobilité active, et d’élever le niveau d’ambition dont nous avons si urgemment besoin.