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Avant de pouvoir déployer à grande échelle des véhicules autonomes (VA), il reste encore de nombreuses questions essentielles auxquelles il faut répondre : Comment les VA seront-ils organisés ? À quoi ressemblera le modèle économique ? Qui réalisera les investissements nécessaires ? Comment allons-nous reconvertir la main-d’œuvre ?

Notre secteur a déjà été à l’avant-garde de l’automatisation par le passé. L’automatisation du métro et du Rail remonte à loin, puisqu’elle a débuté dès 1967. Et aujourd’hui, les transports publics seront à nouveau à l’avant-garde.

Les véhicules autonomes routiers se présenteront sous toutes sortes de formes et de tailles et offriront de nombreux services, allant des petites navettes à la demande dans les zones rurales aux grands bus circulant sur des réseaux BRT automatisés dans les centres-villes densément peuplés. En effet, les véhicules autonomes auront un aspect différent selon les endroits, tout comme c’est déjà le cas pour les transports publics.

Alors que nous passons de la phase de développement à celle du déploiement, rappelons ce qui fait de la Mobilité automatisée une véritable révolution pour les services de transport publics partout dans le monde (et pourquoi il est important d’apporter des réponses à ces questions).

  • Développer la couverture, la zone de desserte et la fréquence
  • Lutter contre les pénuries de main-d’œuvre et améliorer l’efficacité opérationnelle
  • Améliorer l’accessibilité et l’inclusion sociale
  • Soutenir les objectifs de mobilité urbaine durable
  • Favoriser l’innovation et les nouveaux modèles économiques dans les transports publics

Développer la couverture, la zone de desserte et la fréquence

Certaines zones sont mal desservies par les transports publics traditionnels. Cela peut être inévitable, que ce soit pour des raisons logistiques ou économiques. Mais cela va changer.

Lorsque les bus circulant sur des itinéraires fixes ne sont pas viables, des navettes autonomes à la demande peuvent circuler dans les zones à faible densité de population, telles que les zones rurales et périurbaines, pour desservir les pôles de mobilité urbaine locaux.

Lorsque l’offre de services est insuffisante, les véhicules autonomes peuvent améliorer la qualité du service en augmentant la fréquence et les horaires de desserte. Par exemple, en renforçant la capacité des réseaux BRT ou en mettant en place des services de nuit, ce qui aura un impact particulièrement positif sur les travailleurs postés ou de nuit, qui ont généralement du mal à accéder aux transports publics. Ce cas d’utilisation était au cœur des essais de bus autonomes de nuit menés à Séoul, les premiers au monde.

En résumé, davantage de transports publics desservant davantage de lieux pendant davantage d’heures.

Lutter contre les pénuries de main-d’œuvre et améliorer l’efficacité opérationnelle

Selon les opérateurs, les postes de conducteurs sont les plus difficiles à pourvoir. C’est une situation que beaucoup connaissent bien. Dans l’ensemble de l’UE, environ 40 % de la main-d’œuvre des transports publics devraient prendre leur retraite au cours de la prochaine décennie.

C’est là qu’interviennent les véhicules autonomes. Ceux-ci permettront aux opérateurs de maintenir, voire de développer, leurs niveaux de service malgré cette contrainte. Parallèlement, de nouveaux types d’emplois verront le jour : déploiement, supervision à distance, gestion de flotte, maintenance des systèmes, etc.

De plus, l’automatisation en coulisses promet des économies substantielles. Grâce à ces dépôts automatisés, les conducteurs passent moins de temps à déplacer les véhicules entre les ateliers d’entretien, les stations-service ou les zones de nettoyage, et consacrent davantage de temps à ce qui compte vraiment : le transport des passagers.

Le passage à l’automatisation aura un impact considérable sur notre main-d’œuvre. Dans ce contexte, nous devons mettre en place un dialogue structuré, des programmes de formation et des dispositifs d’accompagnement à la transition pour les travailleurs.

Améliorer l’accessibilité et l’inclusion sociale

Les transports publics plus développés sont synonymes de villes plus accessibles et plus inclusives. La conception de nouveaux services de véhicules autonomes à partir de zéro constitue une excellente occasion de répondre aux besoins des populations vulnérables, telles que les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite et/ou en situation de handicap.

Dès le début, il convient de prendre en compte les besoins de ces groupes en les associant activement à la conception et aux tests des services.

Le déploiement des technologies audiovisuelles doit venir compléter, et non se substituer, aux services destinés aux personnes ayant des besoins particuliers

Soutenir les objectifs de mobilité urbaine durable

Plus nous renforcerons l’intégration entre les véhicules autonomes et les transports publics, mieux nous atteindrons nos objectifs en matière de mobilité urbaine durable. Voici comment cela fonctionne :

  • Les véhicules autonomes offrent des types de services plus flexibles,
  • Rendre les réseaux de transports publics plus adaptables,
  • Réduire le recours à la voiture particulière,
  • Et en favorisant le report modal vers une mobilité durable !

En résumé : une baisse des émissions, une réduction des embouteillages, une amélioration de la santé publique et une meilleure utilisation de l’espace public, qui est précieux.

Sans intégration dans les réseaux de transports publics, les véhicules autonomes privés ne feront que remplacer les voitures particulières. Et cela n’est pas un progrès.

Favoriser l’innovation et les nouveaux modèles économiques dans les transports publics

Comme cela a déjà été le cas à maintes reprises, les transports publics sont le moteur de l’innovation en matière de véhicules autonomes — ce qui signifie qu’il appartient à notre secteur d’expérimenter et de mettre en œuvre de nouveaux types de services, de nouveaux modèles de prestation et de nouvelles stratégies de planification fondées sur les données.

Nous innovons et collaborons afin d’offrir un meilleur service aux passagers. Et les véhicules autonomes joueront un rôle déterminant dans la réalisation de cet objectif.

Le Groupe de travail sur la mobilité automatisée de l’UITP rassemble des professionnels des transports publics issus de divers secteurs et du monde entier. Alors que nous nous adaptons à de nouvelles méthodes de travail, c’est la collaboration au sein de plateformes telles que l’UITP qui contribuera à faire progresser les véhicules autonomes et les transports publics.

Notre dernière prise de position, élaborée à partir des réflexions des membres du Groupe de travail sur la mobilité automatisée (Automated Mobility Working Group), présente les avantages, les défis et les facteurs favorables liés aux véhicules autonomes et à la Mobilité automatisée.