Du 4 au 9 octobre, Busworld Europe a ouvert ses portes pour une nouvelle édition et, bien sûr, l’UITP était de la partie !

Cette année, un thème a dominé les débats : la mobilité zéro émission. Des bus électriques aux bus à pile à combustible à hydrogène, la transition s’accélère et prend une dimension plus mondiale que jamais. Les régions manufacturières traditionnelles sont en pleine mutation et de nouveaux acteurs venus de Turquie, de Chine, d’Inde et du Vietnam se développent à un rythme fulgurant.

Pendant ce temps, les questions deviennent de plus en plus complexes. Comment électrifier les flottes et les dépôts ? Comment garantir la sécurité de nos systèmes à mesure que l’IA progresse ? Et surtout, comment faire en sorte que l’innovation profite aux usagers, aux travailleurs et aux villes ?

L’électrification nécessite des infrastructures, un engagement et des financements

Lors de la conférence sur les bus zéro émission, organisée en marge du salon Busworld, Arno Kerkhof, responsable de l’unité « Bus » de l’UITP, a présenté l’expertise et les travaux de l’UITP dans ce domaine, notamment les dernières observations et tendances issues des Indicateurs de mobilité urbaine mondiale de l’UITP.

Les villes dotées de vastes réseaux de bus ne sont pas toujours à la pointe de l’électrification. En effet, il a souligné que les progrès en matière d’électrification dépendent moins de la taille de la flotte que des politiques, des infrastructures et d’un engagement à long terme.

L’électrification ne se résume pas à l’achat d’autobus électriques, mais consiste plutôt à mettre en place le réseau qui les prend en charge. Sans itinéraires bien planifiés, sans correspondances efficaces et sans un service fiable, même le bus le plus écologique ne peut pas exploiter pleinement son potentiel.

C’est pourquoi l’engagement politique et les infrastructures revêtent une telle importance. Partout en Europe et en Amérique latine, les villes dotées de stratégies à long terme et d’un financement stable démontrent que la constance porte ses fruits.

Mais l’électrification ne concerne pas seulement les bus, elle implique également l’électrification des dépôts. Et c’est en fait là que la transition commence véritablement. L’installation de bornes de recharge, la modernisation des réseaux électriques et la formation continue des équipes de maintenance sont tout aussi essentielles que le déploiement des bus.

Bien sûr, il faut également disposer des fonds nécessaires. La modernisation des dépôts nécessite des financements et des partenariats à long terme avec les fournisseurs d’énergie – et elle a tendance à se concrétiser en premier lieu dans les villes qui font déjà preuve d’un engagement politique fort en faveur de flottes à zéro émission.

En fin de compte, ce n’est pas seulement la technologie, mais aussi l’efficacité et la confiance qui font le succès ou l’échec d’un réseau. Alors, comment concilier les deux ? C’est précisément ce que l’UITP teste actuellement dans le cadre du projet eBRT2030, en examinant comment les nouveaux véhicules, les méthodes de recharge et la connectivité IoT peuvent renforcer les réseaux BRT modernes en Europe et au-delà.

Perspectives du Comité des bus de l’UITP

Pour mettre en lumière les travaux menés actuellement par l’UITP en faveur du secteur des autobus, M. Arno a souligné que, par l’intermédiaire du Comité des bus de l’UITP, les membres continuent d’échanger des données opérationnelles via l’Observatoire ZEB, ce qui montre comment une meilleure planification permet d’améliorer les performances.

Une conclusion ressortait particulièrement : les bus électriques à batterie peuvent afficher une efficacité énergétique supérieure de près de 20 % à vitesse modérée, grâce à une circulation plus fluide et à des mesures de priorité. La publication de l’UITP consacrée aux réseaux de bus sans embouteillages examine plus en détail les avantages que présentent les réseaux de bus moins encombrés.

Le Comité a également mis au point la « boîte à outils pour le confort thermique », qui aide les opérateurs à trouver le juste équilibre entre le confort des passagers et l’efficacité énergétique. D’Ottawa à Oslo en passant par Dubaï, les données montrent que le chauffage peut représenter plus de la moitié de la consommation énergétique d’un Bus dans les climats froids, tandis que la climatisation peut atteindre 30 % dans les climats chauds. Une gestion intelligente de ces systèmes est essentielle pour atteindre à la fois les objectifs environnementaux et opérationnels.

La priorité aux personnes et à la sécurité

Pourtant, quelle que soit la sophistication des véhicules ou des systèmes de transport, ce sont les personnes (passagers et travailleurs) qui font avancer le secteur des transports.

C’est le message qui a été repris lors de la session de Busworld consacrée à la sûreté et à la sécurité, à laquelle Carmela Canonico, responsable principale de la sûreté et de la sécurité à l’UITP, a pris part. Et pour la première fois, le programme officiel de Busworld comprenait un volet spécialement consacré à la lutte contre le terrorisme dans les autobus et les autocars.

La collaboration est essentielle pour réduire les risques et trouver des solutions visant à empêcher l’utilisation potentielle d’autobus et d’autocars dans le cadre d’attaques terroristes. Cette session a permis d’examiner les menaces actuelles en matière de sécurité, mais surtout de se pencher sur les solutions : la formation, la technologie et l’innovation qui font véritablement la différence.

S’appuyant sur les résultats positifs du projet SAFE BUS, mené par l’UITP, Mme Carmela a souligné qu’une culture de la sécurité solide repose sur des formations régulières et pratiques. « La sécurité, ce n’est pas simplement réussir un test », a-t-elle déclaré, « cela doit faire partie de notre quotidien ».

La formation est essentielle pour tout le monde, mais elle doit être adaptée à chaque poste. C’est pourquoi SAFE BUS a élaboré des guides spécifiques destinés aux conducteurs et aux responsables, en tenant compte des besoins différents liés à leurs fonctions respectives pour prévenir les menaces.

Lorsque la discussion a porté sur l’intelligence artificielle, les intervenants ont également abordé les nouvelles questions soulevées par ces technologies, allant des préoccupations en matière de vie privée à la protection des passagers vulnérables.

Ce sont précisément ces questions que la recherche et la formation futures devront continuer à approfondir. L’UITP s’est déjà penchée sur ce sujet dans sa publication intitulée « L’IA dans le Transport en Commun », qui présente 17 exemples internationaux d’utilisation de l’IA dans le domaine de la mobilité urbaine.

Afin de poursuivre la réflexion sur le thème de la sécurité, l’UITP a lancé une série de webinaires en trois parties consacrée à la sécurité dans le Transport en Commun (TC). La première session, intitulée « Cartographie des risques : » La conférence « Comprendre les menaces pesant sur le Transport en Commun lors des grands événements » se tiendra le 14 octobre : une occasion d’examiner comment l’évaluation des risques et la préparation permettent de garantir la Résilience des réseaux.

La communauté des transports en bus se réunit sur le stand de l’UITP

Les échanges sur le stand de l’UITP reflétaient ce même esprit : celui d’une communauté déterminée à faire en sorte que le Transport en Commun reste sûr, durable, accessible et inclusif.

Au milieu de l’effervescence qui régnait sur le stand de l’UITP, une rencontre a eu lieu entre le Secrétaire général de l’UITP, Mohamed Mezghani, et le nouveau membre de l’UITP, la CANAPAT (Cámara Nacional del Autotransporte de Pasaje y Turismo), la chambre nationale représentant les opérateurs de bus interurbains et touristiques du Mexique, qui regroupe plus de 600 entreprises disposant de 52 000 véhicules et transportant plus de 3,8 milliards de personnes chaque année. Cet événement a été l’occasion de célébrer l’adhésion de CANAPAT ainsi que la présence croissante de l’UITP au Mexique et dans l’ensemble de la région latino-américaine.

Étaient également présents sur le stand de l’UITP le président de notre Comité des bus, Christophe Martin (Tec Wallonia), ainsi qu’Eduardo Zbikoski (Metropol), fier membre du Comité des bus de l’UITP, qui gère un parc de 1 500 bus à Buenos Aires et de 800 bus à Santiago du Chili, dont la moitié sont électriques.

Au cours de cette réunion, Metropol a officiellement invité le Comité des bus de l’UITP à organiser sa réunion d’automne 2026 à Buenos Aires ; l’entreprise a également fait part de son expérience, de son savoir-faire et de ses réflexions sur les défis actuels et les atouts du secteur, et a présenté un programme inspirant et enrichissant destiné à être partagé avec ses homologues opérateurs de bus de toutes les régions du monde.

En route vers Dubaï

Mais toutes les bonnes choses ne s’arrêtent pas pour autant (ce n’est en réalité qu’une pause !). Les discussions se poursuivront lors de l’UITP Summit, qui se tiendra du 21 au 23 avril à Dubaï, où l’ensemble du secteur des transports publics se réunira à nouveau pour poursuivre les échanges.

L’appel à des intervenants au UITP Summit est désormais ouvert !

Rejoignez-nous à Dubaï du 21 au 23 avril 2026