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À la COP30, le transport en commun a enfin attiré l’attention mondiale sur le climat et l’UITP était au centre de la conversation.

Avec le lancement imminent de la Décennie des Nations Unies pour les transports durables et la première Journée mondiale des transports publics l’année prochaine, la COP30 est arrivée à un moment décisif pour le transport en commun et l’action climatique.

L’UITP était présente pour souligner comment le transport en commun est une solution climatique, en s’appuyant sur notre analyse du transport en commun (TC) qui gagne du terrain dans les plans nationaux climat.

Tout au long de la COP, Philip Turner, responsable du développement durable à l’UITP, a partagé cette analyse, démontrant comment les transports en commun contribuent à la lutte contre le changement climatique et comment l’Accord de Paris peut ouvrir la voie au financement climatique nécessaire.

Les transports en commun à l’ordre du jour de la présidence de la COP

Après un plaidoyer constant de l’UITP, le transport en commun fait désormais partie de la Programme d’action de la présidence de la COP.

Annoncé le 13 novembre lors de la COP 30 lors de la session « Faire progresser la mobilité urbaine durable : Un aperçu des résultats et des solutions », l’UITP est à la tête du développement d’un plan d’action mondial visant à accroître les transports publics et durables dans les villes, dans le cadre de cet agenda d’action (objectif clé 13).

Le plan encouragera un changement modal vers des transports économes en énergie et sans combustibles fossiles, en mettant l’accent sur les transports en commun et la mobilité active. Il comprendra le renforcement des capacités, des stratégies de financement, le soutien de l’opinion publique et des orientations pour intégrer les transports en commun dans les CDN.

Le financement est essentiel pour réaliser le plein potentiel climatique des transports en commun. Le plan met en évidence la manière dont les marchés du carbone peuvent aider à combler le déficit de financement des transports, soutenir la réduction des risques d’investissement et permettre aux pays d’intégrer les transports en commun dans leurs CDN de manière plus efficace.

Cela est essentiel car les transports contribuent à près de 24 % des émissions mondiales de CO₂ et nécessitent une réduction de 59 % d’ici 2050. Cependant, le rail et les transports en commun ne reçoivent que 23 % du financement climatique. Pour changer cela, le plan décrit cinq actions clés :

  • Assurer l’adjonction pour la viabilité financière
  • Permettre l’accès au marché du carbone au niveau subnational
  • Développer des méthodologies spécifiques au secteur
  • Mise en œuvre de systèmes MRV efficaces
  • Harmonisation des politiques avec les objectifs de développement durable

Le message est clair : Le transport en commun est enfin reconnu comme une solution climatique essentielle, mais il doit désormais être soutenu par des investissements, une gouvernance et une mise en œuvre solides.

Débloquer les opportunités de financement climatique

L’importance des finances a été au centre des discussions lors de plusieurs événements tout au long de la COP 30.

De la session « Shift Happens : Financer les transports pour un avenir sans émission nette » au Pavillon des transports à l’événement parallèle de la CCNUCC « Débloquer les financements pour les transports à faible émission de carbone », les discussions ont porté sur la manière dont l’Accord de Paris peut aider les villes à faire progresser les transports en commun durables.

Les discussions ont porté sur l’opportunité offerte par l’article 6.2 de l’Accord de Paris, qui permet une coopération bilatérale ou multilatérale. Les villes peuvent s’associer avec les gouvernements pour monétiser les réductions d’émissions provenant de projets tels que l’électrification des bus, l’expansion du métro ou l’infrastructure du vélo.

Les pays peuvent également conclure des accords régionaux pour mettre en œuvre des programmes conjoints de transport à faible émission de carbone. Un exemple est CAF en Amérique latine, mis en avant lors d’une session dédiée au pavillon CAF sur le financement climatique pour les infrastructures de transport.

Ce sujet est exploré plus en détail dans le Rapport conjoint de l’UITP et de la Banque interaméricaine de développementk, qui fournit des orientations et des recommandations politiques pour renforcer la viabilité financière et la capacité institutionnelle du Transport en Commun (TC) dans toute la région.

L’article 6.4 a également été discuté, qui établit un mécanisme de marché du carbone supervisé par l’ONU qui permet aux entités publiques et privées de gagner des crédits de réductions certifiées d’émissions pour des projets de transport urbain tels que les extensions de métro et l’électrification des BRT.

Les avantages stratégiques du financement climatique pour les villes et le secteur des transports publics étaient évidents.

Transports en commun et CDN

Le rôle des transports en commun dans les CDN a également été un sujet clé lors des événements de la COP, comme au Pavillon de la Corée lors de la session sur « La nouvelle ambition du transport dans les CDN 2025 » ou la session du Pavillon méditerranéen « De solutions et de résultats à l’intensification de la mise en œuvre de la mobilité à faible émission de carbone ».

L’UITP a présenté ses analyse des derniers CDN qui montrent que les trois quarts présentent désormais des mesures de transport en commun, contre les deux tiers précédemment. La moitié des nouveaux CDN incluent des objectifs spécifiques au secteur des transports publics, contre seulement 20 % lors du dernier cycle.

Bien qu’il y ait des progrès significatifs, la question du financement nécessite encore des efforts. Près des deux tiers des CDN ne spécifient aucun budget financier pour les mesures de transport en commun (TC), ce qui rend difficile l’établissement d’un lien entre les plans et les mécanismes internationaux de financement du climat, tels que ceux prévus à l’article 6 de l’Accord de Paris.

Perspectives des jalons des transports en commun

La COP 30 est intervenue à un moment crucial pour le climat et pour les transports en commun. À seulement un mois du lancement de la Décennie des Nations Unies pour les transports durables, et six mois avant la première Journée mondiale des transports publics, une initiative de l’UITP qui sera lancée le 17 avril 2026.

Les discussions à Belém ont montré que les transports en commun gagnent en importance dans l’agenda climatique mondial et que l’ambition des pays est en hausse.

Ce qui est nécessaire maintenant, c’est un passage des engagements à la mise en œuvre, soutenu par un financement adéquat et une gouvernance solide.

Ce n’est qu’alors que le monde pourra pleinement réaliser les opportunités que le transport en commun offre pour atteindre les objectifs climatiques.